La création d’entreprises innovantes au féminin, un soutien nécessaire

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Réunis le 25 novembre à l’Hôtel La Batelière, les membres de CAP Innovation se sont emparés de la question du parcours d’innovation des femmes entrepreneures. Il s’agissait de mieux comprendre les mécanismes d’innovation portés par des gérantes à travers leurs témoignages. Placée sous le signe des rencontres du réseau CAP INNOVATION, cette réunion s’inscrit dans la thématique du Plan d’Actions Régional pour l’Entrepreneuriat des Femmes (PAREF).

 

L’objectif : améliorer les modes d’accompagnement des porteuses de projets innovants.

 

Alors que la part des femmes dans la création d’entreprise plafonne depuis des années autour de 30 % (31 % en Martinique vs. 30 % au plan national), les membres du réseau CAP Innovation entendent améliorer les modes d’accompagnement des porteuses de projets innovants.

 

Durant deux heures, cinq jeunes femmes chefs d’entreprise et porteuses de projet ont apporté leurs témoignages et échanger avec les acteurs locaux de l’accompagnement de l’innovation. Entre épanouissement, doutes et difficultés surmontées… les récits empreints de sincérité étaient frappants de combattivité.

Linda Niriyenda, première chef d’entreprise à s’exprimer, est consultante et formatrice dans les réseaux sociaux. Elle a co-fondé Bizness Mam, la première association des mamans chefs d’entreprise de Martinique.

Leslie Ardon, ancienne basketteuse professionnelle, a créé Sports Indies spécialisé dans le tourisme sportif. Elle est actuellement en incubation à Technopole Martinique.

Autre bénéficiaire de la structure de la CACEM, Christelle Dangany, ingénieure agroalimentaire, s’est lancée dans l’alimentation pour bébé à base de légumes martiniquais sous la marque Ti Bouboun.

Rachana Nossin, seul nez des Antilles Françaises et gérante de l’entreprise Parfumeurs Soleil, a créé ses parfums aux senteurs locales.

Enfin, Ketty Cotrebil, hébergée en pépinière depuis deux ans, a mis en ligne le site Internet KameriShop pour les amateurs de mode caribéenne. Toutes ont souligné le rôle de l’accompagnement qui a permis de professionnaliser leur approche, éclairer leurs décisions et trouver des fonds pour financer leurs investissements.

 

Le séminaire s’est déroulé sous le regard du designer graphique, Philippe Rilos, qui a traduit en images ces échanges inspirants.

 

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Josette AUGUSTIN

Déléguée Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité – SGAR – Préfecture de la Martinique

 

« Le PAREF a été élaboré par la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité et la Caisse des Dépôts et Consignation. Depuis 2015, il est décliné sur le plan régional en y adjoignant la Collectivité Territoriale de Martinique. Il a pour objectif d’augmenter de 10 % le taux de femmes en entreprenariat d’ici 2017. Pour qu’il soit réalisable, nous l’avons conçu avec les opérateurs. Une étude sociologique a été réalisée au préalable. Les femmes interrogées ont beaucoup énoncé la solitude et l’isolement. Les ateliers-débats répondent à un besoin de faire réseau entre les acteurs-opérateurs et les bénéficiaires ».

 

Eugénie ZOBDA

Conseillère communautaire de la CACEM

« J’ai été émerveillée par ce panel de jeunes femmes entrepreneures très audacieuses et mères de famille car une famille est une entreprise en soi. J’étais surprise de me rendre compte qu’on innove et qu’on y arrive malgré l’insularité. Elles ont la chance que nos parents n’ont pas eue. Les institutions doivent leur permettre d’avancer et de le faire connaître. Les consommateurs martiniquais, quant à eux, doivent s’approprier ce qu’il se fait dans le pays. ».

 

Clara LABEAU

Directrice du Développement économique, CAP Nord

« On a senti de femmes très motivées, dynamiques et qui marquent par leur forte personnalité. Dans leurs exemples, leur expérience à l’étranger a été bénéfique. Elles ont retenu l’importance de l’accompagnement, des clubs, des réseaux et surtout le soutien familial par le conjoint et les parents. Plus que les hommes, elles ont besoin d’être soutenues au vu de leurs responsabilités familiales. Elles ont évoqué les difficultés de gestion du temps, gestion de la famille, le regard de la société peu favorable au développement de l’entreprenariat féminin… ».

 

Leslie ARDON

Gérante de Sport Indies

« La solitude de l’entrepreneur a été ma principale difficulté. La Technopole Martinique, à l’instar d’un coach, m’a cadrée. On peut avoir des compétences sans savoir comment les exploiter. En seulement quelques mois, j’ai beaucoup plus avancé grâce à l’équipe de Technopole Martinique que seule en un an. Je suis plus épanouie maintenant. »
 


 
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